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Construire un setup de simracing pour le rallye: Notre guide complet

On commence souvent le simracing avec l’indispensable trio, volant, pédalier, roue puis vient l’envie de faire évoluer son setup. Comme toutes les disciplines, le rallye en simracing nécessite des équipements spécifiques pour profiter au maximum. De plus, la sortie d’Assetto Corsa Rally le mois dernier redonne de l’intérêt à s’équiper correctement. Toutefois, avant de se lancer tête baissée, il faut comprendre certains points importants. Dans ce guide, on fait le point sur les équipements ainsi que les détails essentiels pour vous construire un setup simracing optimisé pour la rallye. 

PC et cockpit

Tout d’abord, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le volant qui doit être la priorité numéro une. La hiérarchie suit plutôt cette logique: cockpit > pédales > base de volant > périphériques. L’explication est assez simple puisque c’est le châssis qui va permettre aux équipements de révéler leurs potentiels. Par exemple, même le meilleur volant du marché perdra une partie de ses capacités s’il est monté sur une structure qui bouge. De même, le rallye impose un besoin d’immersion visuelle totale. Sans une config PC adaptée, même le meilleur matériel ne te donnera pas l’expérience recherchée.

Un cockpit rigide pour encaisser

La rigidité du cockpit est absolument déterminante, le moindre flex de la structure va absorber une partie du retour de force et donc venir brouiller les informations que la route transmet. C’est pourquoi, il faut privilégier les cockpits de simracing en profilés aluminium 8020, leurs structures éliminent toutes les vibrations parasites et résistent aux FFB élevées. On peut citer par exemple un modèle comme le Sim Lab GT1 Evo, reconnu comme étant l’un des meilleurs cockpit.

Si ton budget ou ton espace ne permettent pas d’investir immédiatement dans un cockpit de simracing en profilés aluminium, il existe des alternatives temporaires comme le NLR GT Lite. Attention, ces stands pliables montrent rapidement leurs limites, notamment si tu utilises un pédalier load cell. Il faut tellement de force pour freiner sur une pédale load cell que tu risques de reculer si tu utilises une chaine de bureau, impossible de doser précisement le freinage dans ce genre de condition. C’est pourquoi il vaut mieux économiser plus longtemps pour un vrai rig en profilés plutôt que de multiplier les achats. Les Trak Racer TR160 ou Sim-Lab GT1-Evo sont des investissements qui dureront dans le temps contrairement à des structures plus légères.

GT1_Evo_Sim_Racing_Cockpit
  • Recos: Sim-Lab GT1 EVO / Trak Racer TR160
  • Alternative: Next Level Racing GTElite Lite

L’immersion visuelle: voir pour anticiper

En rallye, anticiper le tracé devient une question de survie, le rendu visuel prend alors autant d’importance que le retour de force. Pour cela, privilégiez un écran de simracing avec un taux de rafraîchissement d’au moins 144 Hz, il restituera les détails du terrain avec plus de fluidité.

Beaucoup d’options existent, tout dépend du budget et de l’ espace. La configuration triple écran reste la référence, mais elle nécessite un support dédié, un investissement plus conséquent, de l’espace et pas mal de réglages. L’écran ultrawide est quant à lui un excellent compromis, plus facile à installer, moins encombrant, il offre environ 80% de l’expérience des triples écrans pour un prix souvent inférieur.

LG-ultra-gear-27-min
  • Reco écran simple: LG Electronics Ultragea 32″
  • Reco écran wide: LG Ultragear 34″
  • Reco triple écran: Dell G2724D 27″

La VR reste évidemment l’option ultime en termes d’immersion avec des casques comme le Meta Quest 3 ou le PSVR2, mais elle demande une configuration PC beaucoup plus musclée et peut provoquer le mal des transports chez certains, ce n’est pas pour tout le monde.

Le PC

L’ordinateur doit gérer simultanément la physique des surfaces, l’affichage haute résolution et les calculs de force feedback en temps réel. Pour les performances en jeu, tous les composants comptent mais certains ont plus d’impact que d’autres selon ton budget. La carte graphique reste le cœur du système, c’est elle qui fait tourner les graphismes et garantit une bonne fluidité, donc c’est le premier point à soigner. Ensuite vient le processeur, important surtout si le jeu est exigeant en calculs, puis le SSD pour des chargements rapides, enfin la RAM.

Si l’on prend par exemple la configuration requise pour Assetto Corsa Rally comme référence. Avec un budget limité, une configuration avec une RTX 3070, un Ryzen 5 5600, 16 Go de RAM et un SSD NVMe fera l’affaire pour du 1080p ou 1440p, même avec des réglages élevés.

Les équipements essentielles

Maintenant que les fondations sont posées, attaquons-nous au cœur du setup. En rallye, chaque information compte. Il faut être capable de ressentir la texture du gravier sous les roues et le moment exact où le grip disparaît.

Un volant Direct Drive

Pour commencer, la base c’est un volant direct drive (DD), contrairement aux volants à engrenages ou à courroie, il transmet chaque détail de la route sans filtre. Dans les modèles à considérer, on peut citer le ClubSport DD+ avec 15 Nm de FFB c’est largement suffisant pour ressentir les transferts de charge etc. Si tu cherches encore plus de puissance, le Fanatec DD1 monte lui à 20 nm. D’autres marques sont également intéressantes niveau rapport qualité prix, par exemple Moza Racing ou Asetek pour ne citer qu’elles.

Pour démarrer dans de bonnes conditions, le Moza R9 ou le Fanatec CSL DD (avec le boost 8 nm) c’est le minimum requis pour tirer pleinement parti de ce qu’offrent les jeux. Les modèles comme le Moza R5, bien que moins cher, montrent rapidement leur limite. Si ton budget le permet, le Simagic Alpha Mini est une bonne alternative avec plus de force et surtout une meilleure qualité de FFB que le Moza R9. L’avantage sur PC, c’est que tu peux mixer les marques sans problème, avoir un volant Fanatec avec un frein à main Moza, tout fonctionne ensemble tant que chaque périphérique se connecte en USB.

Simagic Alpha Mini Direct Drive
  • Recos (8 à 10 Nm): Moza R9 / Fanatec CSL DD (8 Nm) / Simagic Alpha Mini
  • Recos (15 à 20 Nm): Fanatec ClubSport DD+ / Fanatec DD1

La roue de volant

En rallye, tous les volants ne se valent pas. Il faut un diamètre adapté et une prise en main confortable pour les longues spéciales tout en ayant une structure qui résiste aux changements de directions ultra rapides. Parmi les modèles disponibles, on peut regarder du côté du Podium Monte Carlo Rally, qui reprend à l’identique la structure d’un Sparco R383, le même qu’on trouve dans la Ford Puma Hybrid Rally1 WRC (2021 2022).

  • Recos: Fanatec CSL Elite Steering Wheel WRC / Podium Monte Carlo Rally

Les pédales: là où il faut investir

Beaucoup de pilotes diront que les pédales sont l’élément où il faut investir en priorité et à raison. Un bon pédalier améliore ta vitesse et ta régularité, il faut qu’il soit équipé d’un système de frein load cell, vraiment indispensable pour un contrôle avancé de ton freinage. Les ClubSport Pedals V3 de chez Fanatec peuvent faire l’affaire, elles reprennent la géométrie des pédaliers de voiture de rallye et utilisent la technologie Hall Effect pour l’embrayage et l’accélérateur. En rallye, c’est la capacité à doser le frein tout en maintenant l’accélérateur pour gérer les transferts de poids qui fait toute la différence entre un bon chrono et un chrono exceptionnel.

Si ton budget est plus serré mais que tu disposes déjà d’un cockpit rigide, les Thrustmaster TLCM, Simjack UT ou Cammus LC100 peuvent faire le job. L’essentiel reste d’avoir un load cell, le reste peut évoluer progressivement. Encore une fois, sans cockpit solide, investir dans des pédales load cell n’a aucun sens, la structure bougera trop pour exploiter leur précision.

Kit_de_pédales_XP1_Loadcell
  • Recos haut de gamme/intermédiaires: Sim-Lab XP1 Pedal Set / Moza CRP2 / Heusinkveld Sprint Pedals / Fanatec ClubSport Pedals V3
  • Alternatives: Thrustmaster TLCM / Simjack UT / Cammus LC100

Les spécificités du rallye et les implication en simracing

Là où le rallye se distingue particulièrement c’est sur les techniques de pilotage et c’est la raison pour laquelle un setup « classique » ne suffit pas. Épingles serrées, transitions rapides, changements de rapports tout cela demande des périphériques spécifiques.

Le frein à main

Le frein à main est un élément de pilotage à part entière. Quand tu abordes un hairpin à pleine vitesse, c’est lui qui te permet de bloquer le train arrière et de placer la voiture. Le ClubSport Handbrake V2 de chez Fanatec utilise un load cell pour gérer l’activation du levier avec une précision, comme le ferait un vrai système hydraulique.

Autrement, certains modèles à potentiomètre sur Amazon ou eBay autour de 100€ font parfaitement l’affaire pour débuter. L’objectif est avant tout de bloquer le train arrière, rien qui demande autant de finesse que le freinage.

  • Recos: Moza HBP / SG-Racing v2 / Sim-Lab XB1 Loadcell / Fanatec ClubSport Handbrake V2
  • Alternatives: Modèles à potentiomètre (Amazon/eBay, ~100€)

La boîte de vitesses

Pour la boîte de vitesses, il faut pouvoir passer d’un mode à l’autre selon la voiture. Par conséquent, il faut mieux opter pour des boîtes proposant les deux options comme le ClubSport Shifter SQ V1.5 qui offre à la fois un mode H et un mode séquentiel pour les modèles modernes. En rallye, la précision du shifter devient déterminante quand tu rétrogrades en pleine charge avant une épingle.

Pour le rallye et le rallycross, un shifter purement séquentiel suffit largement sur les voitures modernes. Des modèles sur AliExpress autour de 50€ peuvent étonnamment faire l’affaire, l’important c’est d’avoir le « ca-thunk » mécanique recherché. Si tu roules principalement sur des WRC récentes, pas besoin d’investir dans un combo H-pattern/séquentiel sophistiqué.

  • Recos séquentiel: Sim-Lab SQ1 Sequential Shifter / Moza SGP / Heusinkveld MagShift Sequential Shifter
  • Recos H-pattern: MOZA HGP Shifter / Simagic DS-8X Shifter
  • Recos combo H/Séquentiel: Fanatec ClubSport Shifter SQ V1.5
  • Alternative: Shifters séquentiels AliExpress (~50€)

L’angle de braquage

L’angle de rotation de ton volant doit correspondre à celui de la voiture que tu pilotes. Pour les WRC modernes, le réglage se situe généralement à 540 degrés. Cela permet d’avoir la réactivité nécessaire pour enchaîner les virages rapides sans perdre de temps dans des coups de volant inutiles. Pour les voitures classiques, on est plus sur 900 degrés, de quoi avoir des sensations beaucoup plus authentiques.

Par conséquent, la configuration du setup ne sert à rien si les réglages ne suivent pas. Par exemple, pour que le soft lock fonctionne et que ton volant répondent exactement aux mouvements dans le jeu, tu dois synchroniser deux paramètres. Le premier « Steering Lock » dans les paramètres du jeu doit impérativement correspondre à la valeur « Steering Range » ou « Sensitivity » définie dans le logiciel utilisé par la roue. La synchronisation élimine tout décalage entre tes mouvements et la réaction de la voiture.

Le chemin intelligent vers l’amélioration

Le choix d’un écosystème ouvert

Certains équipements, notamment les volants, sont conçus pour fonctionner avec des marques tierces. Privilégie les équipements « ouverts » à d’autres écosystèmes plutôt que ceux qui t’enferment dans une seule marque. Sur le long terme, cela donne la liberté de faire évoluer ton setup progressivement, en fonction de ton budget et de tes besoins, sans jamais repartir de zéro.

Vinc

Vinc

Auteur autodidacte, fan de sport mécanique, pilote (virtuel) quand le temps me le permet. Passionné par l'univers du Simracing j'aime partager mon avis sur les dernières innovations du secteur !