Dans sa keynote surprise annoncée hier et présentée aujourd’hui, Kunos Simulazioni est revenu sur de nombreux points stratégiques pour la suite de Assetto Corsa Evo. Le studio est en particulier revenu sur, ses erreurs de conception, sa réorganisation et la redéfinition de la future identité d’AC EVO. Un méa culpa sincère avec une vision plus claire pour la suite.
Kunos sort enfin du silence, retour aux sources
Il faut dire que Kunos était très discret sur son développement, rien de plus que le strict minimum au sujet des maj. Par conséquent, beaucoup d’impatience et de questions pour les joueurs avec en premier lieu la sortie du Free Roam et la place du modding.
La Keynote revient sur ces points mais plutôt que de dérouler une énième road map, Kunos admet avoir pris de mauvaises décisions. Le studio fait donc marche arrière pour revenir à ce qui a fait du premier Assetto Corsa une référence pendant plus de dix ans. Désormais, place à une liberté de conduite totale, un jeu davantage bac à sable fondé sur la physique et à du modding intégré nativement.
Un studio pour tenir ses ambitions
Un nouveau QG pensé pour la R&D
En réaction, Kunos a fait construire un nouveau siège dédié à Assetto Corsa, en partenariat avec plusieurs autres acteurs. Le lieu regroupe la R&D, la production média et surtout, la partie tests de compatibilité matériel et logiciel menés directement.
Des équipes élargies depuis douze mois
En parallèle, le studio a revu et agrandi ses départements internes sur les douze derniers mois. Six pôles sont concernés:
- la programmation
- le comportement des voitures
- le game design
- la gestion de projet
- la production 3D
- l’équipe bêta-test, désormais capable de couvrir un panel de configurations bien plus large.
La roadmap de départ
La réorganisation éclaire d’après coup explique les longues périodes entre certaines mises à jour. Les versions 0.7 et 0.8 avaient pourtant apporté du lourd, avec une refonte de la VR et l’ouverture des mods aux courses en ligne. Le studio vise désormais une sortie de l’Early Access au premier semestre 2027.
Eifel Free Roam: ce qu’on sait du mode
Une Eifel à l’échelle 1:1
Kunos insiste une fois de plus sur le fait que la carte n’est pas un simple décor. Les routes reprennent la longueur et la largeur réelle avec les épingles, les dénivelés et les villages qui entourent le Nürburgring. On y retrouve aussi des stations-service, des garages, des hôtels et des restaurants.
Sortir de la voiture, et même de la route
Le free roam s’accompagne de nouvelles fonctionnalités:
- un mode marche, pour descendre de la voiture et se déplacer à pied
- la conduite hors route, sans réinitialisation automatique qui vous ramène de force sur la route.
- la réparation des dégâts et le changement de pneus
- le plein d’essence
- le lavage de la voiture

Des points d’intérêt et des time attacks sont également prévus. Kunos précise qu’ils resteront optionnels. Ce ne sont pas des passages obligés comme dans un mode carrière.
Le mode multijoueur sera également disponible dès la sortie publique du free roam.
Du trafic utilitaire, pas des voitures de course
Les images de la présentation montrent un trafic plutôt varié, un camping-car, une bétonnière et une moissonneuse-batteuse. La météo dynamique est également au programme, en solo comme en multijoueur.
La même physique que sur circuit
C’est le point qui compte le plus pour nous. La route ouverte utilise exactement le même moteur physique que la course sur piste. Les rails, les murs et les arbres ne pardonnent pas, les éléments ont de vraies conséquences sur votre voiture.
Prochaine étape rendez-vous à Francfort
On pourra essayer la première version du free roam en avant première lors du SimRacing Expo de Francfort, du 16 au 18 octobre. Kunos y annoncera aussi la date de sortie publique.
Pour rappel, le free roam suivra un déploiement progressif la carte devrait s’agrandir au fil des versions.
Le refus du piège de l’engagement
Premier point de rupture, aucune l’économie in game. Pas de voitures à débloquer, pas de crédits à accumuler. Kunos tourne clairement le dos aux mécaniques héritées des jeux mobiles, encore très présentes chez certains concurrents.
Une double identité circuit et route
Deuxième point, EVO veut combiner à la fois la partie free roam et la partie course sur piste avec la même exigence physique.

Le concurrent le plus proche dans l’esprit reste finalement BeamNG.drive, pour la liberté et le modding.
Les équipements de sim au cœur du projet
Kunos a beaucoup insisté sur la compatibilité matériel. Le nouveau QG permet de tester EVO sur une grande variété de configurations, notemmant des périphériques et de bases direct drive.
Kunos ne précise pour autant pas quels constructeurs l’accompagnent, on sait malgré tout que Fanatec est très présent par exemple. Un jeu qui veut faire le pont entre balade sur route et simulation doit fonctionner dès sa sortie sur les bases en tout genre, les pédaliers load cell et les dashboards.
Sur ce point, le premier Assetto Corsa avait parfois laissé les joueurs bricoler eux-mêmes.
Le modding enfin reconnu officiellement
Pour la première fois dans sa communication officielle, Kunos salue l’esprit de deux projets communautaires que tout le monde connait, le Custom Shaders Patch (CSP) et le Shutoko Revival Project (SRP).
Le CSP a transformé le rendu et les possibilités du jeu original, tandis que le SRP a fait de l’autoroute de Tokyo un lieu de rendez-vous incontournable. Les voir cités par le studio, c’est un signal fort envoyé aux moddeurs.
Le studio va d’ailleurs plus loin. Les véhicules créés par la communauté pourront rouler aux côtés du contenu officiel, en solo comme sur les serveurs multijoueurs dédiés.
Sur la bonne voie, reste l’exécution
Cette keynote présente une correction de trajectoire assumée, qui ramène EVO vers l’ADN fondateur de Kunos. Et sur le fond, ça semble être le bon choix.
Le free roam à l’échelle 1:1 est toujours aussi ambitieux, premier test grandeur nature dans quelques jours à Francfort. On vous dira ce qu’on en a pensé.
