Motorsport Games avait frôlé la catastrophe courant 2023 mais l’entreprise semble avoir fait les bons choix depuis. Entre restructuration et séparation douloureuse avec certaines licences, le studio qu’on imaginait enterré continue de refaire surface. En bonne posture au trimestre précédent et à la fin de l’année dernière le studio enregistre son 6 ème trimestre de rentabilité consécutif, en grande partie grâce aux performances de LMU.
Une croissance qui change d’échelle
Sur les 18 derniers mois, au Q1 2025 Motorsport Games sortait tout juste la tête de l’eau après un exercice 2025 déjà qualifié de tournant avec 1,8 million de dollars de chiffre d’affaires trimestriel. Un an plus tard, au deuxième trimestre 2026, le chiffre atteint 3,5 millions de dollars, soit 36,6 % de plus sur un an.
La progression est encore plus nette sur le semestre complet de 2026 avec 7,6 millions de dollars de revenus contre 4,4 l’année dernière à la même période. L’entreprise garde également mieux ce qu’elle gagne, la marge brute passe de 78,8% à 84,7% entre 2025 et 2026.
Cependant, il faut reconnaître un léger recul au T2 2026 vs le T1 avec 4 millions de dollars de revenus contre 3,5 millions au T2. La variation s’explique assez simplement avec la sortie de la version 1.3 de LMU en Mars qui avait fait grimper le nombre de joueurs à son pic historique de 8800 en simultanés.
Le T2 reste en hausse de 36,6 % sur un an, et la dynamique du semestre dans son ensemble confirme la bonne trajectoire du moment.
RaceControl, le SaaS caché
La vraie découverte du trimestre, c’est peut-être RaceControl, la plateforme associée à LMU. Ce qui n’était censé être au départ qu’une fonctionnalité support est devenu, comme on le pressentait déjà en début d’année, une activité à part entière.
Les chiffres le prouvent, les revenus d’abonnement de Race Control génèrent 1,4 million de dollars au premier semestre 2026, contre seulement 0,3 million sur la même période en 2025, 348,9 % de croissance. Au 30 juin 2026, la plateforme comptait 40 520 abonnés payants, une progression de plus de 230 % sur un an.
Ce segment pèse désormais lourd dans la balance, les revenus récurrents représentent aujourd’hui 18 % du chiffre d’affaires total de l’entreprise, contre 7 % sur le premier semestre 2025 et moins de 1 % sur l’année 2024. Une trajectoire qui transforme la perception d’une entreprise aux yeux des investisseurs, on passe d’un éditeur qui vend des copies de jeux à une plateforme qui génère du revenu récurrent à la Netflix.
Le Mans Ultimate, la machine à cash
Le Mans Ultimate continue d’être un succès sur le plan commercial. Le jeu de base a désormais dépassé les 500 000 exemplaires vendus et environ 1,2 million d’unités de DLC individuelles.
La sortie de la version 1.4 en juillet 2026 et l’arrivée de circuits américains emblématiques comme Daytona et Laguna Seca, a généré la meilleure journée en termes de revenus de toute l’histoire du jeu depuis son lancement.
Nettoyage de la structure actionnariale
Motorsport Games a aussi mis de l’ordre dans sa gouvernance, l’entreprise a racheté 904 395 actions à son actionnaire majoritaire, Driven Lifestyle Group LLC. Le but de l’opération était de retirer les actions à droits de vote renforcés (« super-voting shares ») cela établit pour la première fois une égalité de droits de vote entre tous les actionnaires.
Côté trésorerie, l’entreprise termine le trimestre avec 3,9 millions de dollars en cash et un flux de trésorerie opérationnel positif de 0,5 million de dollars par mois sur le premier semestre.
La suite sur consoles et au-delà
Le portage consoles est désormais le prochain gros chantier pour la croissance de Motorsport Games. Le projet est de porter Le Mans Ultimate sur PlayStation et Xbox, le développement officiellement en cours.
L’enjeu stratégique est clair puisque sortir sur consoles est le plus gros levier de croissance pour atteindre une audience bien plus large que la niche PC du simracing.
La sortie de la version 1.3 sur PC introduit les bases avec un nouveau moteur d’interface (« Coherent », en remplacement du Chromium Embedded Framework). Ce changement technique est présenté comme directement lié à la préparation du portage console en cours.
Côté calendrier, les rapports financiers de l’entreprise ne donnent pour l’instant aucune date. Le projet est toujours dans un phase précoce, on estime la date de livraison entre fin 2026 et début 2027.
