Sous le capot : De la densité avant tout
Moza a profité du R16 Ultra pour repenser complètement l’architecture interne de la base en s’alignant sur ce qui a déjà était fait sure les R21 et R25 Ultra.
Le moteur passe dans une version (flat-wire), une technologie qui permet d’augmenter la densité de couple sans pour autant impacter la tailler du boîtier. Par conséquent, la base n’a beau faire que 14 cm de profondeur elle délivre un couple constant de 16 Nm. Ce que le flat-wire change ici, c’est avant tout la densité et la compacité, pas le couple maximum. Autrement, on sent vraiment que la base reste lourde par rapport à sa taille.
Comparaison avec le R16 V2:
| Dimension | R16 V2 | R16 Ultra |
|---|---|---|
| Longueur | 327 mm | 206 mm |
| Largeur | 170 mm | 140 mm |
| Hauteur | 130 mm | 135 mm |
| Poids | 8,9 kg | 8,9 kg |
Le Moza R16 Ultra rétréci donc 12 cm en longueur (-37 %) et 3 cm en largeur (-18 %) par rapport au V2, soit un vrai gain de place pour l’installer sur un cockpit. Il est légèrement plus haut (135 mm contre 130 mm), mais ça ne change rien en pratique. Côté poids le R16 Ultra est sensiblement similaire ce qui est assez logique.

En ce qui concerne la précision, la base conserve son encodeur magnétique 21 bits déjà introduit sur la gamme en 2025 ce n’est donc pas une nouveauté mais ça reste un argument solide. Concrètement, ça change la façon dont le volant retranscrit les micro-variations de grip, les transferts de masse ou les textures de la route. On y prend vraiment goût instantanément.
Là où le R16 Ultra fait fort c’est sur le processeur, il passe de 280 MHz sur le V2 à 600 MHz, plus du double de puissance de calcul. Il fait tourner l’algorithme NexGen FFB 4.0, la même génération de firmware qui équipe déjà le reste de la gamme depuis 2025 mais avec une puce nettement plus performante pour la traiter. Sa fonction d’interpolation lisse les transitions entre les signaux, et c’est justement ce qui manquait à pas mal de bases, ici aucune sensation « granuleuse » ou saccadée, c’est vraiment du passé.
Le ressenti en jeu: De la finesse plutôt que la de la brutalité
C’est le point qui m’a le plus surpris. On pourrait croire qu’on reste dans la moyenne avec 16 Nm face à des bases qui grimpent à 20 Nm et plus. Sauf que l’intérêt du R16 Ultra n’est pas de taper fort, c’est d’avoir de la marge.
Cette marge, Moza l’appelle le « dynamic headroom », et en pratique ça se traduit par une quasi-absence de cogging, la fameuse résistance magnétique parasite qu’on sent parfois en tournant le volant à vide. Ici, rien à signaler, le mouvement reste fluide du premier au dernier degré de rotation.
Sur Assetto Corsa comme sur iRacing, les vibrations moteur, les passages de rapport et les zébras se ressentent avec une précision assez bluffante. Aussi, comme la base n’atteint jamais son plafond de 16 Nm en usage normal, on évite l’effet clipping lorsque le volant, déjà à fond, ne peut plus rendre les détails fins car il n’a plus de quoi les exprimer. C’est important car on peut trouver des base qui tape plus fort sur le couple mais qui clippe en sortie de virage rapide. On perd l’info qui compte.
Ergonomie et écosystème: penser hub, pas juste volant
Moza a aussi soigné la partie pratique. À l’arrière du boîtier, on retrouve des ports RJ dédiés pour les séquentiels, pédales, handbrakes et boutons d’urgence. La base fait donc office de hub central, ce qui limite le nombre de câbles USB à brancher sur votre PC.

Autre bon point, sur le V2, le montage avant ou latéral nécessitait un support optionnel à acheter en plus, le bottom mount restant la seule option native. Le R16 Ultra, lui, supporte nativement le montage avant, latéral et par le dessous, la base est donc compatible d’entrée de jeu avec la plupart des profilés aluminium haut de gamme du marché, sans accessoire supplémentaire.
Nouveauté à signaler aussi là où le V2 restait cantonné au PC, le Ultra s’ouvre à Xbox via le volant ESX — une première pour cette gamme R16.
Enfin, le double bandeaux LED sur les côtés affichent RPM, ABS et drapeaux un peu gadget mais utile, même si leur visibilité dépend pas mal du volant monté par-dessus, ça peut vite être caché selon la jante choisie. Enfin, la base reste évidemment compatible avec tout l’écosystème Moza, volants, pédales, et le logiciel AI Coach qui peut guider physiquement le volant pour indiquer la trajectoire idéale.
Face à la concurrence… interne
Le plus intéressant reste peut-être la façon dont Moza positionne ce R16 Ultra dans sa propre gamme.
- Face au R12 V2 : le R16 Ultra offre 33 % de couple en plus et un processeur plus véloce. Le R12 reste un excellent choix pour ceux qui aiment un volant « lourd », mais il peut clipper en virage rapide là où le R16 Ultra garde ses détails.
- Face aux R21/R25 Ultra : même techno « Ultra » (encodeur 21 bits, moteur flat-wire), mais avec un couple qui commence à être réservé aux pilotes confirmés. Au-delà de 20 Nm, la force devient difficile à tenir sur de longues sessions, voire risquée physiquement.
Retour en arrière: R16, « 2.0 »
Pour comprendre ce que le R16 Ultra apporte vraiment, il faut remettre les choses dans l’ordre.

Le R16 original date de 2021. Fin 2023, on couvrait sur HomeRacing le passage à la « version 2.0 » : nouvel algorithme NextGen FFB 2.0, connectique qui passe de 3 à 7 ports, ajout du montage avant en plus du bottom/side mount, et une communication « Dual-Mode » censée stabiliser le retour de force. C’est cette version qui a posé une partie des bases qu’on trouve encore aujourd’hui sur la gamme.
Puis en mars 2025, nouvelle salve de mises à jour, cette fois-ci toute la gamme R9/R12/R16/R21 reçoit l’encodeur magnétique 21 bits ainsi que la compatibilité 360 Hz d’iRacing.
Autrement dit, l’encodeur 21 bits et le firmware NexGen ne sont pas des nouveautés du Ultra puisqu’ils équipent déjà les bases achetés après mars 2025. Ce qui change concrètement ici, c’est l’architecture moteur en bobinage plat, une meilleure gestion thermique, un boîtier repensé et nettement plus compact (206 × 140 mm contre 327 × 170 mm sur le V2), un processeur qui passe de 280 à 600 MHz, le montage avant/latéral désormais natif sans bracket optionnel, la compatibilité Xbox via le volant ESX, accompagné d’un vrai changement de design, aligné sur l’esthétique R21/R25 Ultra. Si vous roulez déjà avec un R16 mis à jour depuis mars 2025, la vraie question à se poser avant de remettre la main au portefeuille, c’est si cet ensemble justifie la mise à niveau.
Prix et verdict
Annoncé à 529 $ / 549 € / 499 £, le R16 Ultra se positionne clairement comme un rapport qualité-prix agressif. Il vient chasser sur le terrain des bases 10-12 Nm de la concurrence, tout en apportant le couple et la finesse de produits habituellement facturés bien plus cher.
Au final, le R16 Ultra c’est surtout une montée en gamme sur la fidélité du retour de force, portée par un écosystème logiciel de plus en plus abouti. Pour qui cherche une base direct drive capable de suivre plusieurs années sans se sentir dépassée, difficile de ne pas la voir comme l’option la plus cohérente de toute la gamme Moza actuelle.
